Nouveau tract du collectif de syndicalistes pour la solidarité et l’entr’aide

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Quoi de neuf sur la zone ?
Depuis le mois d’octobre, nous avons réquisitionné un immeuble vide de la caserne des pompiers du Chêne Vert. Ce geste est pour nous une mise en pratique de solidarité envers des familles Rroms. Plusieurs familles, dont 9 enfants et 3 personnes handicapées disposent enfin d’un logement décent. C’est un geste à l’encontre de l’air (nauséabond) du temps que nous assumons publiquement. C’est pourquoi nous venons à votre rencontre pour expliquer notre démarche.

Qui sommes-nous ?
Nous sommes un collectif de travailleurs/ses syndiqué-e-s. Si nous nous définissons en partie (heureusement qu’il n’y a pas que le taf dans la vie) comme travailleurs/ses, cela ne veut pas dire que nous ayons du travail en permanence. Cette denrée se fait rare : la précarité et les fins de mois qui arrivent trop tôt sont aussi notre quotidien. Vous en savez sûrement quelque-chose. Les Rroms du Chêne Vert en savent bien autant.

Pourquoi une réquisition ?
Nos dirigeant-e-s sont des hypocrites qui vident les mots de leur sens. Ils/elles évoquent à tort et à travers la solidarité mais ne tiquent pas lorsqu’il s’agit de mettre à la rue des familles entières plutôt que de les laisser dans des immeubles réquisitionnés. Ils/elles osent affirmer que ces lieux ne sont pas dignes, qu’ils sont insalubres. Pourtant, le bâtiment que nous venons d’investir nous paraît plus sain que le tunnel routier qui a tenu lieu de maison à certain-e-s des Rroms que nous connaissons. Impossible pour nous de rester impassible devant les habitations de cette caserne vidée de ses pompiers et leurs familles et entretenues depuis par les impôts de la collectivité. Gaspillage aggravé à nos yeux par la situation des pompiers qui voient depuis plusieurs années leurs moyens se réduire comme peau de chagrin.

Ne pas se tromper d’ennemis.
Ces mêmes dirigeant-e-s nous serinent à longueur de journée sur les étrangers qui « fraudent » et « profitent » du système social. Belle blague ! Quiconque a passé une heure dans une administration sait à quel point réclamer un droit peut-être un casse-tête. Les Rroms avec lesquels nous militons n’ont le plus souvent même pas accès à ces droits. Par exemple, lorsqu’ils/elles travaillent en tant que saisonniers ils/elles payent des cotisations sociales mais ne bénéficient pas des droits qui y sont attachés. De même, les raccourcis faciles attribuent aux immigré-e-s le problème du chômage. Pourtant entre 2008 et 2010, la France a perdu 430000 emplois à cause des licenciements boursiers. 70 % de ces emplois étaient dans l’industrie*. Les patrons eux ne se gênent pas pour migrer et délocaliser. Il y a des cravates qui mériteraient d’être serrées un poil plus fermement !

Construire l’alternative !
Nous ne sommes pas résigné-e-s et nous refusons le repli identitaire. Nous n’attendons rien de classes sociales dont le seul intérêt est de nous exploiter sans se préoccuper de notre origine géographique. Luttons pour une société ouverte et prenons nos affaires en main. En réquisitionnant des locaux vides, nous ne faisons que pallier aux manquements de l’état. C’est un petit geste vue l’ampleur de la tâche. Néanmoins nous espérons y être aussi assidus que les enfants du Chêne Vert qui prennent des cours de français le soir après l’école.

Nous contacter et s’informer :
syndicalistespourlentraide@gmail.com
06.23.75.55.71
twitter @syndicalistesp1

*L’impact de la crise sur l’emploi dans les régions, Steve Lacroix, INSEE 2012.

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Tract CSSEA ZI Saint Barthélémy
10 novembre 2016 , par Solidaires 49