<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Solidaires 49</title>
	<link>https://www.solidaires49.org/</link>
	<description>Site de Solidaires 49</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.solidaires49.org/spip.php?id_rubrique=59&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Solidaires 49</title>
		<url>https://www.solidaires49.org/local/cache-vignettes/L144xH44/logo-solidaires49_h100-2-a4cc4.jpg?1718299267</url>
		<link>https://www.solidaires49.org/</link>
		<height>44</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Bilan du mouvement social contre la r&#233;forme des retraites 2010</title>
		<link>https://www.solidaires49.org/spip.php?article33</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.solidaires49.org/spip.php?article33</guid>
		<dc:date>2010-12-17T23:03:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solidaires 49</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce texte est issu des premi&#232;res discussions nationales de Solidaires. Il n'a pas la pr&#233;tention de tirer un bilan exhaustif et d&#233;finitif d'un mouvement social d'une telle ampleur. Il devra &#234;tre compl&#233;t&#233; par les bilans tir&#233;s dans les secteurs professionnels et au plan local, avec tous ceux et celles qui se sont mobilis&#233;s et qui n'ont pas dit leur dernier mot dans la construction de luttes sociales d'ampleur pour imposer d'autres politiques ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Le mouvement contre la &#171; r&#233;forme &#187; des retraites a (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.solidaires49.org/spip.php?rubrique59" rel="directory"&gt;Retraites&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.solidaires49.org/local/cache-vignettes/L109xH150/arton33-bc233.jpg?1718524184' class='spip_logo spip_logo_right' width='109' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est issu des premi&#232;res discussions nationales de Solidaires. Il n'a pas la pr&#233;tention de tirer un bilan exhaustif et d&#233;finitif d'un mouvement social d'une telle ampleur. Il devra &#234;tre compl&#233;t&#233; par les bilans tir&#233;s dans les secteurs professionnels et au plan local, avec tous ceux et celles qui se sont mobilis&#233;s et qui n'ont pas dit leur dernier mot dans la construction de luttes sociales d'ampleur pour imposer d'autres politiques !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement contre la &#171; r&#233;forme &#187; des retraites a &#233;t&#233; exceptionnel, par sa dur&#233;e, par l'ampleur des gr&#232;ves, par le nombre de manifestations et de manifestant-e-s. Exceptionnel aussi, par les formes d'action mises en &#339;uvre. Exceptionnel enfin, par l'engagement&lt;br class='autobr' /&gt;
de forces associatives ou politiques et par l'unit&#233; d'action syndicale qui s'est manifest&#233;e. Soutenu par une &#233;crasante majorit&#233; de la population, il n'a pourtant pas r&#233;ussi &#224; faire reculer le gouvernement sur les points essentiels de son projet. Ce texte vise &#224; essayer de faire une premi&#232;re analyse de ce mouvement, de comprendre les raisons de son &#233;chec et d'en tirer les le&#231;ons pour gagner la prochaine fois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un contexte de crise &#233;conomique et sociale marqu&#233;e par les affaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La crise bancaire et financi&#232;re, n&#233;e aux Etats-Unis, a rapidement touch&#233; l'Europe et s'est transform&#233;e en r&#233;cession. Entre le deuxi&#232;me semestre 2008 et le deuxi&#232;me semestre 2009, le Produit Int&#233;rieur Brut (PIB) a recul&#233; de pr&#232;s de 3 %. Les cons&#233;quences de cette r&#233;cession&lt;br class='autobr' /&gt;
ont &#233;t&#233; imm&#233;diates : licenciements et explosion du ch&#244;mage, mont&#233;e de la pr&#233;carit&#233;, baisse de pouvoir d'achat. Cette situation aurait pu entra&#238;ner un climat de r&#233;signation, une acceptation fataliste de la&lt;br class='autobr' /&gt;
crise et de ses cons&#233;quences. Tel n'a pas &#233;t&#233; le cas en France. Apr&#232;s le refus du Trait&#233; Constitutionnel Europ&#233;en en 2005 et du Contrat Premi&#232;re Embauche en 2006, la population a confirm&#233; son opposition&lt;br class='autobr' /&gt;
au lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sistances sociales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le secteur priv&#233;, malgr&#233; l'&#233;clatement du salariat, les mouvements de gr&#232;ves, souvent dures, contre les licenciements se sont multipli&#233;s et, la plupart du temps, les salari&#233;-e-s ont r&#233;ussi &#224; obtenir des indemnit&#233;s tr&#232;s nettement sup&#233;rieures &#224; ce que les employeurs&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#233;voyaient d'accorder. Certes, cela n'a pas emp&#234;ch&#233; les licenciements,&lt;br class='autobr' /&gt;
mais la capacit&#233; de r&#233;sistance des salari&#233;-e-s a limit&#233; les d&#233;g&#226;ts.&lt;br class='autobr' /&gt;
De plus, face &#224; la crise, et cela a &#233;t&#233; un &#233;l&#233;ment d&#233;cisif, le mouvement syndical est apparu uni. La constitution de l'intersyndicale s'est traduite par un document d'orientation commun adopt&#233; en&lt;br class='autobr' /&gt;
janvier 2009 qui posait la question du partage des richesses comme un &#233;l&#233;ment de r&#233;ponse &#224; la situation. Sur cette base, deux journ&#233;es de gr&#232;ves et de manifestations ont &#233;t&#233; organis&#233;es qui ont regroup&#233; plus de 2 millions de manifestant-e-s le 29 janvier et pr&#232;s de 3 millions le 19 mars 2009.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une dynamique de mobilisation avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e. Mais celle-ci s'embourba car les divergences de strat&#233;gie au sein de l'intersyndicale n'ont pas permis le rebond rapide qui aurait pu l'amplifier et les &#233;ch&#233;ances suivantes (1er mai, 24 mai et 13 juin 2009), ont &#233;t&#233; d&#233;mobilisatrices, car trop lointaines. La question de l'efficacit&#233; d'une strat&#233;gie syndicale r&#233;duite &#224; une suite de journ&#233;es saute-mouton &#233;tait pos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre un gouvernement au service des riches&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224;, l'incapacit&#233; du gouvernement &#224; r&#233;pondre aux effets de la crise sur la population, alors m&#234;me que, sans probl&#232;me, des liquidit&#233;s &#233;normes avaient &#233;t&#233; mobilis&#233;es pour sauver le syst&#232;me bancaire, commen&#231;ait &#224; installer un sentiment de profonde injustice. Les&lt;br class='autobr' /&gt;
avatars de l'affaire Woerth-Bettencourt qui r&#233;v&#233;laient au grand jour les liens &#233;troits entre le pouvoir et les plus grandes fortunes de France, l'annonce de plans d'aust&#233;rit&#233; destin&#233;s &#224; satisfaire les institutions financi&#232;res d&#233;j&#224; sauv&#233;es par de l'argent public, la poursuite des attaques contre les services publics qui garantissent encore un minimum de droits &#224; tous, ancraient dans les esprits&lt;br class='autobr' /&gt;
le fait que ce gouvernement ne gouvernait que pour les plus riches. Sa l&#233;gitimit&#233; &#233;tait d'autant plus remise en cause que son projet sur les retraites contrevenait &#224; une affirmation du pr&#233;sident de la R&#233;publique qui avait explicitement indiqu&#233;, quelque temps auparavant, qu'il&lt;br class='autobr' /&gt;
n'avait aucun mandat pour remettre en cause la retraite &#224; 60 ans.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les caract&#233;ristiques du mouvement&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout mouvement social d'ampleur est porteur de caract&#233;ristiques qui lui sont propres et qui ne sont pas r&#233;ductibles &#224; celles de mouvements ant&#233;rieurs. Le mouvement de 2010 se situe dans la lign&#233;e de ceux de 1995 contre le plan Jupp&#233;, de 2003 contre la r&#233;forme Fillon des retraites et de 2006 contre le CPE. Il a avec ces mouvements deux points communs. Le premier est l'importance donn&#233;e par les salari&#233;s au fait de descendre dans la rue. La manifestation est devenue, mouvement apr&#232;s mouvement, le moyen essentiel pour les salari&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
d'exprimer leur m&#233;contentement et de montrer leur force. D'o&#249; l'enjeu de la controverse avec le pouvoir sur le nombre de manifestants, celui-ci devenant le barom&#232;tre du rapport de forces. Le second est l'enracinement en profondeur de la mobilisation, ph&#233;nom&#232;ne encore plus important cette fois. Plus les villes &#233;taient petites et plus, proportionnellement, les manifestations &#233;taient importantes. L'irrigation du tissu social est en effet plus facile dans des petites villes que dans des grandes m&#233;tropoles, la r&#233;gion parisienne&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tant l'exemple embl&#233;matique d'une situation o&#249; le rapport entre le nombre d'habitant-e-s et le nombre de manifestant-e-s &#233;tait particuli&#232;rement faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des formes in&#233;dites et combin&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, au-del&#224; de ces caract&#232;res traditionnels, le mouvement de 2010 poss&#232;de des traits in&#233;dits qui m&#233;ritent attention. L'un renvoie &#224; la question de la gr&#232;ve. Lors des journ&#233;es nationales d&#233;cid&#233;es par l'intersyndicale, les chiffres de gr&#232;ves n'&#233;taient pas n&#233;gligeables, alors&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#234;me qu'une proportion de manifestante-s, qu'il est difficile d'&#233;valuer, n'&#233;tait pas en gr&#232;ve. Si cette attitude peut s'expliquer par des raisons pragmatiques - pourquoi perdre de l'argent lorsque l'on peut poser&lt;br class='autobr' /&gt;
une RTT ?-, le relatif faible nombre de gr&#233;vistes a &#233;t&#233; un handicap dans la construction des rapports de forces. De plus, les attaques tous azimuts men&#233;es par Nicolas Sarkozy depuis 2007 ont donn&#233; le sentiment d'un rouleau compresseur tr&#232;s difficile &#224; arr&#234;ter ; beaucoup se posaient la question des moyens et de la hauteur du rapport de forces n&#233;cessaires pour pouvoir y mettre un coup d'arr&#234;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce mouvement a connu une dimension interg&#233;n&#233;rationnelle, avec l'entr&#233;e dans le mouvement de lyc&#233;ens et, dans une moindre mesure, des &#233;tudiant-e-s dont les organisations se sont impliqu&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
dans les journ&#233;es de mobilisation aux c&#244;t&#233;s de l'intersyndicale. Dans ce cadre, le travail d'explication fait en direction de la jeunesse scolaris&#233;e a permis que le pouvoir ne puisse s'appuyer sur un soutien&lt;br class='autobr' /&gt;
de la jeunesse alors m&#234;me que cette r&#233;forme &#233;tait pr&#233;sent&#233;e au nom &#171; des int&#233;r&#234;ts des jeunes g&#233;n&#233;rations &#187; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut noter que la question des in&#233;galit&#233;s entre les femmes et les hommes a &#233;t&#233; particuli&#232;rement pr&#233;sente dans ce mouvement, contrairement &#224; 2003. Les cons&#233;quences pour les femmes de l'allongement de la dur&#233;e de cotisation, ont &#233;t&#233; un des ressorts de cette mobilisation, avec une pr&#233;sence forte des femmes dans les manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la n&#233;cessit&#233; de la gr&#232;ve reconductible ...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des journ&#233;es d&#233;cid&#233;es par l'intersyndicale, des gr&#232;ves reconductibles ont &#233;clat&#233; dans un certain nombre de secteurs (SNCF, raffineries, &#233;nergie, collectivit&#233;s territoriales, culture...) dans la foul&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
de la journ&#233;e nationale du 12 octobre, apr&#232;s donc le vote &#224; l'Assembl&#233;e nationale, mais avant celui du S&#233;nat. Mais pourquoi si tard ? Sans doute parce que les salari&#233;-e-s ne se lancent jamais de ga&#238;t&#233; de c&#339;ur dans un mouvement de ce type et qu'ils ont esp&#233;r&#233; jusqu'au dernier moment pouvoir &#233;chapper &#224; cette perspective. Il a &#233;galement fallu du temps dans ces secteurs pour convaincre les autres organisations syndicales. De plus, la gr&#232;ve reconductible n'est cr&#233;dible pour les salari&#233;-e-s qu'&#224; partir du moment o&#249; les conditions d'un tr&#232;s haut rapport de forces ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les raffineries, les &#233;quipes de SUD Chimie Solidaires ont trouv&#233; &#224; leurs c&#244;t&#233;s des collectifs CGT clairement appuy&#233;s par leur f&#233;d&#233;ration, qui avait r&#233;ellement pr&#233;par&#233; cette gr&#232;ve reconductible. A la SNCF,&lt;br class='autobr' /&gt;
SUD-Rail a d'abord privil&#233;gi&#233; l'unit&#233; syndicale, pour cr&#233;er et faire grandir le rapport de forces : c'est l'appel commun &#224; 24 heures, le 7 septembre. Ensuite, SUDRail a amen&#233; toutes les organisations &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;battre de la gr&#232;ve reconductible, en menant campagne et posant un pr&#233;avis illimit&#233; &#224; compter du 23 septembre ; c'est ce qui a permis l'appel unitaire avec CGT, UNSA, CFDT, &#224; partir du 12 octobre. Dans&lt;br class='autobr' /&gt;
les Bouches-du-Rh&#244;ne ou la Seine-Maritime, la gr&#232;ve reconductible a d'embl&#233;e touch&#233; plus de secteurs, parce que des appels intersyndicaux d&#233;partementaux &#233;taient lanc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement a touch&#233; nombre d'entreprises du secteur priv&#233;, mais les &#233;quipes militantes &#224; l'initiative (Solidaires, mais souvent CGT, parfois CFDT, FO&#8230;) n'ont pas pris le risque de l'isolement en constatant&lt;br class='autobr' /&gt;
que &#171; &#231;a ne prenait pas &#187; dans des secteurs r&#233;put&#233;s plus facilement mobilisables (Education nationale, La Poste, h&#244;pitaux&#8230;). A cela s'ajoutait, soit la faiblesse de la structure syndicale interprofessionnelle&lt;br class='autobr' /&gt;
locale, soit le refus de celle-ci d'appuyer r&#233;ellement les secteurs en gr&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces gr&#232;ves ne se sont pas g&#233;n&#233;ralis&#233;es. Il n'y a eu aucune extension de la gr&#232;ve reconductible, m&#234;me dans les endroits o&#249; des syndicats de Solidaires &#233;taient fortement implant&#233;s. Les secteurs en gr&#232;ve reconductible n'ont pas &#233;t&#233; rejoints par les autres salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8230; Aux difficult&#233;s de sa mise en &#339;uvre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re explication vient imm&#233;diatement &#224; l'esprit : en p&#233;riode de crise, avec la menace du ch&#244;mage, un pouvoir d'achat en berne et un endettement des m&#233;nages plus important, il est plus difficile de faire gr&#232;ve. A cela s'ajoute les &#233;checs de ces derni&#232;res ann&#233;es dans&lt;br class='autobr' /&gt;
le secteur public qui ont subit de profonds bouleversements et sont l'objet de d&#233;mant&#232;lements importants : &#233;ducation nationale, sant&#233;, poste, t&#233;l&#233;communications&#8230; Ces explications ont une part de r&#233;alit&#233;, mais paraissent trop g&#233;n&#233;rales pour &#234;tre suffisantes, des contre-exemples existent lors de ce mouvement, des gr&#232;ves dures ont d&#233;j&#224; eu lieu dans des p&#233;riodes similaires et la crise n'a pas, pour le moment, produit de sentiment d'abattement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seconde explication, mettant en cause l'attitude de l'intersyndicale, est quelquefois avanc&#233;e. Depuis le d&#233;but, derri&#232;re la volont&#233; de refuser le mot d'ordre de retrait, a perdur&#233;, pour la majorit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
de l'intersyndicale, l'id&#233;e qu'un affrontement avec le gouvernement pouvait &#234;tre &#233;vit&#233;. Certes, si l'intersyndicale avait soutenu les actions en cours et appel&#233; clairement &#224; la gr&#232;ve, les choses auraient, peut-&#234;tre, &#233;t&#233; diff&#233;rentes. Toutefois, outre qu'il &#233;tait illusoire d'attendre ce type de d&#233;claration compte tenu des positionnements des uns et des autres. Un mouvement de ce type se d&#233;cide fondamentalement &#224; la base dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. On ne peut donc rendre responsable l'intersyndicale seule de ce qui ne s'est pas pass&#233;. L'&#233;chec de l'extension de la gr&#232;ve renvoie &#224; d'autres&lt;br class='autobr' /&gt;
param&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, le fait que le blocage de l'&#233;conomie semblait s'effectuer progressivement sans qu'il y ait besoin que les autres salari&#233;-e-s s'en m&#234;lent. Le caract&#232;re strat&#233;gique du rail et des raffineries a pu ainsi&lt;br class='autobr' /&gt;
sembler suffire, quitte &#224; soutenir financi&#232;rement ces secteurs pour leur permettre de tenir. Le mouvement syndical a l&#224; une r&#233;flexion et des actions fortes &#224; mener notamment en termes de formation et information, pour que les notions de mouvement de masse, de force collective, de dynamique propre &#224; un collectif de gr&#233;vistes, soient r&#233;appropri&#233;es collectivement et largement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, la hauteur des enjeux a pu aussi &#234;tre un frein. Pour gagner, il aurait fallu une gr&#232;ve longue et chaque salari&#233;-e rentre difficilement en gr&#232;ve reconductible en sachant qu'il peut partir pour&lt;br class='autobr' /&gt;
un mois, voire plus, et ce d'autant plus que le caract&#232;re tardif du d&#233;part en gr&#232;ve reconductible semblait ob&#233;rer les possibilit&#233;s de succ&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce cadre, il faut se poser des questions sur le recours en permanence au mot d'ordre de gr&#232;ve reconductible et de la n&#233;cessit&#233; d'un conflit dur. Si un tel positionnement s'explique par la n&#233;cessit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
d'indiquer aux salari&#233;-e-s la hauteur des enjeux, Ils ont pu pens&#233; que, tout compte fait, le r&#233;sultat &#233;tait trop al&#233;atoire. ? Enfin, la relative proximit&#233; des &#233;lections pr&#233;sidentielles et la promesse de la gauche de&lt;br class='autobr' /&gt;
revenir sur les mesures d'&#226;ge, m&#234;me si un scepticisme r&#233;gnait dans l'opinion &#224; ce sujet, a pu encourager l'id&#233;e selon laquelle on pouvait faire l'&#233;conomie d'un conflit dur&#8230; m&#234;me si c'est au m&#233;pris des enseignements du pass&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un d&#233;sir d'auto-organisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement a produit des formes nouvelles d'organisations, au travers des Assembl&#233;es G&#233;n&#233;rales interprofessionnelles unitaires locales et des pratiques sociales multiformes telles que les op&#233;rations de blocages de certains sites et les actions coup de poing, permettant&lt;br class='autobr' /&gt;
de peser sur le fonctionnement de l'&#233;conomie. Certes, il ne faut pas exag&#233;rer, ni la diffusion de ces pratiques, ni le nombre de collectifs interprofessionnels locaux qui avaient une r&#233;elle surface unitaire et une capacit&#233; de mobilisation d&#233;passant les simples r&#233;seaux militants.&lt;br class='autobr' /&gt;
De plus, de telles pratiques ne peuvent se substituer durablement &#224; la gr&#232;ve qui est le seul moyen pour ancrer l'action dans la dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, m&#234;me avec ces limites, ces pratiques augurent d'une volont&#233; d'action unitaire, d'un d&#233;sir d'auto-organisation et d'une d&#233;termination &#224; agir de fa&#231;on efficace qui laisseront des traces pour&lt;br class='autobr' /&gt;
l'avenir. Elles confirment la n&#233;cessit&#233; de repenser l'action de mani&#232;re transversale et interprofessionnelle, de l'articulation salari&#233;-e-s/usagers/citoyens, et donc de l'activit&#233; syndicale interprofessionnelle locale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les d&#233;bats de l'intersyndicale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; syndicale a permis que la mobilisation prenne le tour massif&lt;br class='autobr' /&gt;
que l'on a connu. Cette unit&#233; a donn&#233; confiance aux salari&#233;-e-s et a&lt;br class='autobr' /&gt;
isol&#233; le pouvoir qui, contrairement &#224; ce qui c'&#233;tait pass&#233; en 2003, n'a pu compter sur aucune organisation syndicale pour accompagner son projet. L'attitude du gouvernement, qui a refus&#233; de n&#233;gocier la moindre mesure significative, a oblig&#233; toutes les organisations &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
consid&#233;rer que le projet de loi &#233;tait inacceptable. Cependant, cette unit&#233; n'a pas emp&#234;ch&#233; que s'expriment des divergences plus ou moins importantes. Plusieurs d&#233;bats ont travers&#233; l'intersyndicale : le contenu des revendications, la place des retraites dans la mobilisation et la strat&#233;gie d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un projet alternatif pour un enjeu central&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier a port&#233; sur le contenu du dossier des retraites. Si les organisations syndicales &#233;taient oppos&#233;es au report des &#226;ges de d&#233;part &#224; la retraite, des divergences importantes existaient sur le&lt;br class='autobr' /&gt;
reste du dossier. Par exemple, la CFDT est favorable &#224; l'augmentation de dur&#233;e de cotisation et &#224; une &#171; r&#233;forme syst&#233;mique &#187; visant &#224; transformer le r&#233;gime actuel en r&#233;gime par points ou par comptes notionnels. Il a donc &#233;t&#233; impossible d'&#233;laborer des propositions communes qui auraient pu servir de projet alternatif. Cependant ces divergences importantes ont peu pes&#233; sur les mobilisations. En effet, le gouvernement refusant de n&#233;gocier, les points qui auraient pu faire &#233;clater l'intersyndicale sont rest&#233;s sous le boisseau. De plus, un accord&lt;br class='autobr' /&gt;
minimum, au moins sur le plan des principes, a pu voir le jour. Ainsi le communiqu&#233; CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA du 6 mai 2010 affirmait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Concernant les retraites, elles rappellent que l'emploi &#8220;en quantit&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
en qualit&#233; et qualifi&#233;, reconnu et valoris&#233;&#8221; doit devenir une priorit&#233; dans les entreprises et les administrations pour redonner du sens au&lt;br class='autobr' /&gt;
travail, &#224; la soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re. C'est une source de financement&lt;br class='autobr' /&gt;
incontournable pour assurer le devenir et la p&#233;rennit&#233; de notre syst&#232;me de retraites par r&#233;partition bas&#233; sur la solidarit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle. Une plus juste r&#233;partition des richesses, la r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s, l'&#233;galit&#233; entre les Femmes et les Hommes au travail s'imposent aussi pour garantir &#224; tous un bon niveau de vie &#224; la retraite. L'&#226;ge l&#233;gal de d&#233;part en retraite &#224; 60 ans doit &#234;tre maintenu. La p&#233;nibilit&#233; du travail doit &#234;tre reconnue et ouvrir des droits &#224; un d&#233;part anticip&#233; &#224; la retraite&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un deuxi&#232;me d&#233;bat a port&#233; sur la place &#224; donner &#224; la question des retraites dans l'appel aux mobilisations lanc&#233;es par l'intersyndicale. Alors qu'il &#233;tait clair que le pr&#233;sident de la R&#233;publique en faisait un enjeu central de sa politique et que cette question &#233;tait au coeur des plans d'aust&#233;rit&#233; dans tous les pays europ&#233;ens,&lt;br class='autobr' /&gt;
la majorit&#233; de l'intersyndicale a longtemps consid&#233;r&#233; que c'&#233;tait un sujet parmi d'autres. Le compromis s'est donc fait pour des appels &#224; la mobilisation sur un triptyque emplois/salaires/retraites. Il a fallu attendre le 31 mai 2010, alors que les mesures phares du projet gouvernemental &#233;taient d&#233;j&#224; largement connues, pour qu'un communiqu&#233; de l'intersyndicale soit enfin centr&#233; sur la question des retraites. Une des raisons de cette attitude tient au fait que certaines&lt;br class='autobr' /&gt;
organisations pensaient qu'il serait possible d'&#233;viter un affrontement, dont elles ne voulaient pas, avec le pouvoir sur ce sujet esp&#233;rant que le gouvernement se d&#233;ciderait &#224; ouvrir des n&#233;gociations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une dynamique de confrontation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le prolongement de ce d&#233;bat, un troisi&#232;me a port&#233; sur la strat&#233;gie. Solidaires a &#233;t&#233; la seule organisation nationale &#224; d&#233;fendre une strat&#233;gie de construction d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reconductible et interprofessionnelle, la seule qui selon nous &#233;tait &#224; la hauteur des enjeux pour gagner. Deux points de vue se sont confront&#233;s dans l'intersyndicale. Le premier &#233;tait port&#233; par Solidaires et la FSU qui sur la base de l'analyse que l'attitude du gouvernement rendait l'affrontement in&#233;vitable, visait &#224; en construire les conditions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, nous avons d'abord insist&#233; sur le fait qu'il fallait cr&#233;er une dynamique de mobilisation en ne r&#233;p&#233;tant pas l'erreur de 2009 qui avait vu l'intersyndicale programmer des journ&#233;es tr&#232;s espac&#233;es. Il&lt;br class='autobr' /&gt;
fallait au contraire, en s'appuyant sur le succ&#232;s d'une journ&#233;e, rebondir tr&#232;s vite pour permettre d'amplifier la mobilisation et cr&#233;er ainsi, journ&#233;e apr&#232;s journ&#233;e, un climat de crise sociale dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'importance du rythme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;bat s'est cristallis&#233; apr&#232;s le succ&#232;s historique du 7 septembre. Alors que le gouvernement pensait que cette journ&#233;e marquerait le d&#233;but de la fin pour le mouvement, pas loin de 3 millions de personnes&lt;br class='autobr' /&gt;
manifestaient dans toute la France. Le vote de la loi &#224; l'Assembl&#233;e nationale &#233;tant pr&#233;vu pour la mi-septembre, Solidaires proposa qu'une nouvelle journ&#233;e, le samedi ou en semaine, ait lieu avant cette &#233;ch&#233;ance, pour profiter de la dynamique cr&#233;&#233;e par la r&#233;ussite du 7&lt;br class='autobr' /&gt;
septembre. Bien qu'appuy&#233; par la FSU, cette id&#233;e fut refus&#233;e par les autres organisations syndicales qui pr&#233;f&#233;r&#232;rent la date du 23 septembre, ce qui amena Solidaires &#224; ne pas signer le communiqu&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
commun (accept&#233; au final par la FSU). Il aura fallu attendre l'apr&#232;s 2 octobre, apr&#232;s donc le vote &#224; l'Assembl&#233;e nationale, pour que se suive une s&#233;rie de journ&#233;es de mobilisations rapproch&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du probl&#232;me du rythme des journ&#233;es nationales de gr&#232;ves et de manifestations, une seconde question se posait. Une suite de journ&#233;es, m&#234;me massivement suivies, suffiraient-elles &#224; faire c&#233;der le pr&#233;sident de la R&#233;publique ? Au vu de l'intransigeance affich&#233;e et de l'enjeu du dossier, il &#233;tait clair que la r&#233;ponse &#224; cette question &#233;tait n&#233;gative. D'o&#249; le fait que Solidaires ait mis dans le d&#233;bat parmi les salari&#233;-e-s la question de la gr&#232;ve reconductible. Celle-ci ne se d&#233;cr&#232;te pas par le haut et doit &#234;tre d&#233;cid&#233;e directement par les salari&#233;-e-s concern&#233;s. Mais il est du r&#244;le des organisations syndicales de poser&lt;br class='autobr' /&gt;
cette question aux salari&#233;s, ce que l'intersyndicale s'est refus&#233;e &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;largissement et radicalisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des rares discussions sur ce sujet dans l'intersyndicale, des arguments ont &#233;t&#233; invoqu&#233;s, notamment par la CGT, pour refuser cette perspective : celui du refus de la gr&#232;ve par procuration et la&lt;br class='autobr' /&gt;
mise en avant d'une opposition factice entre &#233;largissement et radicalisation. La CGT indiquait qu'elle &#233;tait oppos&#233;e au fait que seuls certains secteurs d&#233;marrent en gr&#232;ve reconductible, un d&#233;part en gr&#232;ve devant se faire, pour cette organisation, tous en m&#234;me temps. Cet argument s'appuie sur une crainte qui n'est pas sans fondement, celle que les secteurs les plus avanc&#233;s restent isol&#233;s et s'&#233;puisent. Il&lt;br class='autobr' /&gt;
m&#233;conna&#238;t cependant la logique d'un d&#233;part en gr&#232;ve reconductible. Une telle gr&#232;ve diff&#232;re fondamentalement d'une gr&#232;ve de 24 heures, non seulement par sa dur&#233;e, mais par les conditions de son d&#233;clenchement. Autant une gr&#232;ve interprofessionnelle de 24 heures n'est concevable que &#171; tous ensemble &#187;, autant une gr&#232;ve reconductible ne peut partir que des secteurs les plus organis&#233;s et&lt;br class='autobr' /&gt;
les plus mobilis&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux-ci, &#224; un moment donn&#233;, et parce que les circonstances s'y pr&#234;tent, peuvent entra&#238;ner les salari&#233;-e-s des autres secteurs d'autant plus facilement qu'une impulsion unitaire y incite, m&#234;me si &#233;videmment il n'existe aucune garantie absolue en la mati&#232;re. Toute strat&#233;gie contient n&#233;cessairement une part d'incertitude et vouloir l'&#233;liminer avant d'agir ne peut que mener &#224; la paralysie. Par ailleurs, si on veut que tout le monde parte en gr&#232;ve en m&#234;me temps, cela ne&lt;br class='autobr' /&gt;
peut que se faire par un appel national&#8230; que la majorit&#233; de l'intersyndicale refusait de lancer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin un autre point de divergence est apparu alors que se multipliaient les op&#233;rations de blocage organis&#233;es unitairement au niveau local et les gr&#232;ves reconductibles dans certains secteurs. L'intersyndicale a refus&#233;, de soutenir explicitement ces mouvements, ce qui a amen&#233; Solidaires &#224; ne pas signer le communiqu&#233; du 21 octobre. De plus, ce communiqu&#233; parle du &#171; respect des biens et des personnes &#187;, ce qui sonnait comme une condamnation des actions de blocages alors que celles-ci se d&#233;veloppaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan global de l'intersyndicale est donc contradictoire. D'une part, l'unit&#233; syndicale a &#233;t&#233; la condition indispensable du caract&#232;re massif d'un mouvement qui dure. Elle a embarrass&#233; le pouvoir et a fortement redonn&#233; de la cr&#233;dibilit&#233; &#224; un syndicalisme historiquement divis&#233;. D'autre part, le refus affirm&#233; de la majorit&#233; de l'intersyndicale d'aller vers un affrontement, les divergences entre organisations l'ont emp&#234;ch&#233; de promouvoir une strat&#233;gie efficace pour gagner. Cette contradiction, qui risque de perdurer dans l'avenir, pose la question de la strat&#233;gie de Solidaires.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La strat&#233;gie de Solidaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une strat&#233;gie se d&#233;finit par rapport &#224; ses objectifs, et en fonction de la&lt;br class='autobr' /&gt;
r&#233;alit&#233;, dont les moyens dont dispose une organisation pour mettre en&lt;br class='autobr' /&gt;
oeuvre cette strat&#233;gie. L'objectif de Solidaires &#233;tait double. D'une part, emp&#234;cher une nouvelle r&#233;gression en mati&#232;re de retraite. Au vu du contenu du projet de loi, cet objectif s'est traduit pour nous par&lt;br class='autobr' /&gt;
l'exigence de son retrait. D'autre part, nous ne nous satisfaisons pas de la situation actuelle en mati&#232;re de retraite, d'o&#249; notre exigence d'une v&#233;ritable r&#233;forme des retraites qui passait, entre autres, par revenir sur les mesures Balladur et la loi Fillon de 2003. Il s'agissait donc d'objectifs ambitieux, qui, pour &#234;tre r&#233;alis&#233;s, devaient s'appuyer sur une mobilisation de tr&#232;s haut niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs obstacles se dressaient devant nous pour la mise en &#339;uvre de cette perspective. Le premier renvoyait au fond du dossier. Face &#224; la propagande gouvernementale, il fallait &#234;tre capable d'envoyer un message clair pouvant &#234;tre port&#233; le plus largement possible. Compte tenu des divisions syndicales sur le sujet, il &#233;tait impossible qu'un tel message fut port&#233; par l'intersyndicale et ce d'autant plus que pendant toute une p&#233;riode, la question des retraites n'a &#233;t&#233; pour elle qu'une question parmi d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La bataille des id&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel initi&#233; par Attac et la fondation Copernic &#171; Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites &#187; a permis de lever en partie cet obstacle. Certes, le nombre de signatures syndicales n'&#233;tait pas satisfaisant : engagement fort de Solidaires, moindre de la part de la FSU (la secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale n'a pas sign&#233; l'appel), peu de signatures CGT. Cependant, cet appel a &#233;t&#233; largement sign&#233; par des intellectuel-&lt;br class='autobr' /&gt;
le-s, un grand nombre d'&#233;conomistes largement reconnus dans leur&lt;br class='autobr' /&gt;
milieu et par un large &#233;ventail de personnalit&#233;s de forces politiques de gauche et &#233;cologistes. La qualit&#233; des signataires et leur nombre traduisant la conscience de l'enjeu de soci&#233;t&#233; de la bataille sur les retraites. Cet appel a permis de cadrer d'embl&#233;e les axes de notre bataille : le refus de la fatalit&#233; d&#233;mographique et le partage de la richesse produite. Il a repr&#233;sent&#233; un outil utile &#224; la mobilisation en montrant, au moins &#224; une partie de la population, qu'une autre politique &#233;tait possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second obstacle r&#233;sidait dans la n&#233;cessit&#233; d'engager le plus rapidement possible un travail de mobilisation citoyenne, visant &#224; mettre la question des retraites au centre du d&#233;bat public. Le rythme et la pluralit&#233; des th&#232;mes avanc&#233;s lors des journ&#233;es de gr&#232;ves et de manifestations de l'intersyndicale ne contribuaient que tr&#232;s partiellement &#224; le faire. L'appel Attac-Copernic allait permettre de d&#233;passer en partie ces limites. En effet, sur la base de l'appel, des collectifs unitaires locaux, &#224; g&#233;om&#233;trie variable, ont commenc&#233; &#224; se&lt;br class='autobr' /&gt;
mettre en place et un travail de mobilisation citoyenne a pu &#234;tre ainsi engag&#233; qui s'est traduit par des centaines de r&#233;union publiques, commenc&#233;es d&#232;s avant l'&#233;t&#233;, certaines prenant la forme de meeting&lt;br class='autobr' /&gt;
unitaires, d'autres de r&#233;unions centr&#233;es sur l'analyse du projet. Ces &#233;l&#233;ments ont ind&#233;niablement contribu&#233; &#224; la prise de conscience des enjeux et &#224; pr&#233;parer les esprits &#224; la n&#233;cessit&#233; de la mobilisation, m&#234;me si ces r&#233;unions n'ont en g&#233;n&#233;ral r&#233;uni que la frange militante&lt;br class='autobr' /&gt;
large. Au plan syndical Solidaires et FSU se sont investis nationalement dans cette campagne, rejointes parfois par la&lt;br class='autobr' /&gt;
CGT locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Affrontement central avec le pouvoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Solidaires, il s'agissait de pr&#233;parer un affrontement central avec le pouvoir. Affrontement que l'intransigeance du pr&#233;sident de la R&#233;publique rendait in&#233;vitable. Pour cela, nous avons mis en d&#233;bat,&lt;br class='autobr' /&gt;
parmi les salari&#233;-e-s, l'id&#233;e de gr&#232;ves reconductibles. De plus, nous avons essay&#233; de faire en sorte que les journ&#233;es de gr&#232;ves et de manifestations d&#233;cid&#233;es par l'intersyndicale soient un point d'appui pour permettre d'enclencher une dynamique de confrontation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; leurs limites - rythme trop espac&#233;, pluralit&#233; des th&#232;mes abord&#233;s -, les trois journ&#233;es de gr&#232;ves et de manifestations d'avant les vacances (23 mars, 27 mai, 24 juin), auxquelles il faut rajouter le 1er mai, ont permis une forte mont&#233;e en puissance du mouvement. Cependant celle-ci n'a aucunement ralenti le rythme du gouvernement qui a fait adopter le 13 juillet son projet de loi en Conseil des ministres&lt;br class='autobr' /&gt;
avec l'objectif d'un vote &#224; la mi-septembre &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Avec un appel &#224; une nouvelle journ&#233;e de gr&#232;ves et de manifestations d&#232;s le 7 septembre, l'intersyndicale semblait prendre conscience que le temps &#233;tait compt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Solidaires, il &#233;tait clair qu'il fallait alors acc&#233;l&#233;rer le rythme des mobilisations pour essayer d'installer un climat de crise sociale avant le vote de l'Assembl&#233;e. D'o&#249; notre proposition sur la base du succ&#232;s du&lt;br class='autobr' /&gt;
7 septembre, d'une nouvelle journ&#233;e dans un d&#233;lai tr&#232;s rapide. Le refus des autres organisations (sauf la FSU) et la d&#233;cision d'attendre le 23 septembre nous a fait perdre un temps pr&#233;cieux et a permis que&lt;br class='autobr' /&gt;
l'Assembl&#233;e Nationale puisse voter le projet de loi relativement tranquillement. Les rapports de forces au sein de l'intersyndicale ne nous ont donc pas permis d'en d&#233;passer les limites, et ce d'autant plus que, si la question de la gr&#232;ve reconductible commen&#231;ait &#224; &#234;tre discut&#233;e dans certains secteurs, aucun mouvement significatif n'a eu lieu &#224; cette date. Il a fallu attendre la journ&#233;e du 12 octobre pour que s'enclenchent des mouvements de gr&#232;ve reconductible, notamment &#224; la SNCF et dans les raffineries et que se mettent en place des op&#233;rations de blocage d&#233;cid&#233;es unitairement localement, alors m&#234;me que le processus l&#233;gislatif touchait &#224; sa fin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour essayer de lever ces obstacles, nous avons particip&#233;, autour du 23 septembre, au lancement d'un appel de syndicalistes unitaires pour la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, l'exigence d'une autre r&#233;partition des richesses et la n&#233;cessit&#233; pour les syndicalistes de lutte de s'organiser dans la dur&#233;e au-del&#224; des appartenances syndicales. Ce premier appel, dans une p&#233;riode o&#249; il n'y avait pas encore de mouvement reconductible, est&lt;br class='autobr' /&gt;
rest&#233; trop limit&#233;. Cela nous a conduit &#224; reposer la question quelque temps plus tard ; un nouvel appel a &#233;t&#233; lanc&#233; dans la semaine du 12 octobre, centr&#233; sur la n&#233;cessit&#233; d'un mouvement reconductible, et a &#233;t&#233; plus largement sign&#233;. Malgr&#233; les centaines de signataires (Solidaires, CGT, FSU, CFDT, FO, CNT, STC, UGTG, CDMT, LAB), ces appels ont &#233;t&#233; tr&#232;s peu utilis&#233;s alors qu'ils auraient pu &#234;tre utiles pour peser sur la strat&#233;gie majoritaire dans l'intersyndicale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement social a permis de tisser des liens interprofessionnels et interg&#233;n&#233;rationnels. Il a redonn&#233; de la l&#233;gitimit&#233; &#224; la lutte, &#224; la gr&#232;ve, aux manifestations et aux actions de blocage&#8230; Cette force du mouvement social devrait se retrouver dans les combats futurs. Ce mouvement a montr&#233; que le syndicalisme est un outil indispensable. Mais cet outil doit &#234;tre am&#233;lior&#233;, mieux adapt&#233; aux enjeux. Lieu de convergence, de d&#233;bats et d'unit&#233; de l'ensemble des salari&#233;-e-s, le syndicat doit &#234;tre plus fort dans les entreprises o&#249; il existe, et nous devons en cr&#233;er l&#224; o&#249; il n'y en a pas ou plus. Ce mouvement montre l'importance du syndicalisme interprofessionnel : coordination de l'information, appui et extension des luttes, connaissance des statuts de chacun pour mieux lutter contre la division qu'instaure le patronat, solidarit&#233;, d&#233;cisions collectives &#224; la base, &#8230; Pour permettre &#224; plus de salari&#233;-e-s de s'engager, il faut leur proposer de l'information et de s'investir concr&#232;tement dans l'action syndicale et dans les luttes. L'Union syndicale Solidaires voit actuellement la cr&#233;ation de nouveaux syndicats, la mise en place de nouvelles structures interprofessionnelles locales. D&#233;velopper la syndicalisation, c'est contribuer &#224; nos prochaines victoires sociales !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement social n'a pas r&#233;ussi &#224; bloquer la contre-r&#233;forme des retraites. En ce sens, le pouvoir a gagn&#233;. Mais les conditions de sa victoire font que celle-ci risque fort d'&#234;tre une victoire &#224; la Pyrrhus. En effet, le gouvernement ressort totalement isol&#233; et ce n'est pas la caricature de remaniement minist&#233;riel qui va changer cette situation. Le mouvement syndical, malgr&#233; des divergences est rest&#233; uni et son action a &#233;t&#233; massivement soutenue par la population. Des points fondamentaux ont &#233;t&#233; install&#233;s dans le d&#233;bat public, comme le partage de la richesse produite, la question des in&#233;galit&#233;s hommes-femmes ou celle de la p&#233;nibilit&#233; du travail. Ils ne dispara&#238;tront pas. Au-del&#224; m&#234;me de la question des retraites, s'est cristallis&#233; un refus global des politiques n&#233;olib&#233;rales men&#233;es depuis des ann&#233;es. Ce mouvement a pos&#233; plus fondamentalement la question des alternatives. Il appartiendra au mouvement syndical de participer &#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
leur &#233;laboration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.solidaires49.org/IMG/pdf/2010_-_12_-_17_-_Bilan_greve_Solidaires.pdf" length="1373151" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Retraites : une loi ill&#233;gitime, qui acc&#233;l&#232;re la r&#233;gression sociale !</title>
		<link>https://www.solidaires49.org/spip.php?article143</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.solidaires49.org/spip.php?article143</guid>
		<dc:date>2010-11-18T17:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Solidaires 49</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La loi sur les retraites a &#233;t&#233; vot&#233;e par le Parlement. Vot&#233;e, elle n'en demeure pas mois injuste et donc ill&#233;gitime. Face &#224; cette loi scandaleuse, la manifestation du 6 novembre sera une nouvelle occasion de refuser l'injustice sociale. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'allongement du temps de travail des a&#238;n&#233;s, alors que le patronat licencie &#224; tour de bras les salari&#233;s &#226;g&#233;s et refuse d'embaucher les jeunes, est une mesure inique. Elle est prise pour les actionnaires, les patrons et les banquiers qui exigent toujours (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.solidaires49.org/spip.php?rubrique59" rel="directory"&gt;Retraites&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La loi sur les retraites a &#233;t&#233; vot&#233;e par le Parlement. Vot&#233;e, elle n'en demeure pas mois injuste et donc ill&#233;gitime. Face &#224; cette loi scandaleuse, la manifestation du 6 novembre sera une nouvelle occasion de refuser l'injustice sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_295 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.solidaires49.org/local/cache-vignettes/L500xH333/arton783-0c630.jpg?1718524184' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'allongement du temps de travail des a&#238;n&#233;s, alors que le patronat licencie &#224; tour de bras les salari&#233;s &#226;g&#233;s et refuse d'embaucher les jeunes, est une mesure inique. Elle est prise pour les actionnaires, les patrons et les banquiers qui exigent toujours plus. Pour les salari&#233;s c'est travailler plus longtemps, pour une moindre retraite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une parodie de d&#233;bat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'Assembl&#233;e Nationale, les d&#233;bats ont &#233;t&#233; fix&#233;s &#224; 50H pour 579 d&#233;put&#233;s. La plupart de ceux qui nous repr&#233;sentent n'ont pu s'exprimer. Au S&#233;nat, c'est encore un coup de force qui a permis l'adoption du texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus impopulaire que jamais, le gouvernement impose sa loi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on a l'opinion publique contre soi, seul reste le passage en force. Ce gouvernement est coutumier du fait :&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; - le vote majoritairement hostile au trait&#233; constitutionnel. Il l'a m&#233;pris&#233; en ratifiant le trait&#233; de Lisbonne.
&lt;p&gt; - plus de 2 millions de citoyens ont exig&#233; un r&#233;f&#233;rendum contre la privatisation de la Poste : silence y est oppos&#233; et la loi est vot&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - 70% de la population sont hostiles &#224; cette r&#233;forme des retraites : il acc&#233;l&#232;re le processus pour faire passer la loi en force.&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce gouvernement des riches, cr&#233;e toujours plus d'injustice sociale !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;forme n'est qu'une &#233;tape. La preuve, le rajout &#224; la derni&#232;re minute d'un amendement indiquant qu'une &#034;reforme syst&#233;mique&#034;, visant &#224; introduire un syst&#232;me par points ou par comptes notionnels. Celle-ci serait discut&#233;e d&#232;s 2013, et annonce une nouvelle r&#233;gression sociale en instaurant un syst&#232;me par capitalisation. Guillaume Sarkozy, d&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral du groupe Malakoff Mederic, fr&#232;re du chef de l'&#201;tat, en est ravi. Il a r&#233;cemment cr&#233;&#233; avec la Caisse nationale de pr&#233;voyance, premier assureur de personnes en France, une soci&#233;t&#233; d'assurance dont le destin programm&#233; consiste &#224; d&#233;velopper massivement la retraite par capitalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me promulgu&#233;e cette loi reste ill&#233;gitime L'ensemble des organisations syndicales doivent poursuivre l'action plus largement contre toutes les mesures d'aust&#233;rit&#233;, pour une autre r&#233;partition des richesses.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
