Le CIA : un outil contre nos intérêts individuels et collectifs

, par SUD Collectivités Territoriales 49

Le Complément indemnitaire annuel (CIA), c’est une prime annuelle complémentaire du RIFSEEP et obligatoire dont l’enveloppe peut être laissée à 0 % par le conseil municipal (et donc aucune somme mise dessus) et dont les objectifs sont soit-disant de "reconnaître spécifiquement l’engagement professionnel et la manière de servir des agents" et "d’apprécier la valeur professionnelle de l’agent, son investissement personnel dans l’exercice de ses fonctions, son sens du service public, sa capacité à travailler en équipe et sa contribution au collectif de travail".

Ce que nous pensons de cette prime à SUD Collectivités Territoriales 49 

Elle permet à nos responsables et nos élu⸱es de nous mettre davantage la pression et nous contraindre à en faire toujours plus 
Ce genre de primes finit toujours par devenir un moyen pour les responsables de conditionner leur obtention à l’acceptation de nouvelles missions en plus de celles que nous avons déjà ou à la réalisation de plus d’objectifs que l’année précédente, rendant nos postes de plus en plus surchargés.

Elle est utilisée comme « récompense » pour dédouaner les responsables hiérarchiques et politiques des conditions de travail qu’ils ont fait subir à leurs agent⸱es 
L’un des critères permettant l’attribution de cette prime est le remplacement d’un⸱e collègue sur une période cumulée de plus d’un mois alors que notre hiérarchie est responsable de notre bien-être au travail et doit donc s’assurer que tous les moyens sont mis à notre disposition en amont afin de garantir l’exercice de nos missions dans de bonnes conditions : remplacer un⸱e collègue sur une longue période et occuper 2 postes au lieu d’un ? Pas de bonnes conditions de travail ! De plus, on sait très bien que la prime attribuée ne sera jamais à la hauteur du travail fourni et ne contribue qu’à dévaloriser monétairement notre travail en considérant que nous devons toujours plus de travail à nos employeurs pour des sommes toujours plus petites.

Elle est forcément inégalitaire et peut facilement dégrader notre environnement pro
L’enveloppe peut changer chaque année et doit forcément être distribuée de manière inégalitaire quelque soit le travail que nous fournissons ; il faudra donc forcément que notre hiérarchie nous classe du « meilleur » au « pire » afin d’attribuer les primes en fonction. Un climat de concurrence et de compétition peut donc facilement s’installer dans nos services alors que nous devrions pouvoir travailler collectivement et sereinement pour proposer des services publics de qualité à la population de notre collectivité.

C’est une pression encore plus forte pour les agents et agentes les plus précaires, les plus dans le besoin
Il faudra faire ses « preuves » pour toucher davantage de salaire au lieu de toucher une revalorisation salariale, plus juste et pérenne, car l’argent mis dans cette prime ne sera pas mis ailleurs. A Beaucouzé par exemple, il y avait 20 000 euros dans l’enveloppe 2025, c’est environ 250 euros d’augmentation annuelle pour toustes dans le cadre du régime indemnitaire. Dans le cadre du CIA, certaines personnes n’en toucheront pas un centime. Et ce ne sera pas forcément les mêmes personnes à chaque fois ni le même montant chaque année alors qu’une revalorisation de notre régime indemnitaire est plus difficile à nous retirer que cette prime.

Elle invisibilise les spécificités de nos postes et leur diversité  
Pour « juger » tout le monde sur le même plan, les mêmes critères sont définis pour tout le monde donc des critères vagues qui ne traduisent pas la variété de nos postes et qui peuvent favoriser les postes dont le travail est le plus « visible » par les responsables hiérarchiques et politiques.

C’est davantage de pouvoir aux cadres sur leurs équipes
Ce sont nos N+1 qui décideront du remplissage ou non des critères pour toucher la somme qui nous sera attribuée chaque année et donc de notre « valeur professionnelle » à chacun de nos entretiens annuels ; c’est une carte en plus dans les mains d’un·e N+1 pour soumettre ses agent·es à sa volonté dans des contextes de copinage ou de harcèlement par exemple et avantager certaines personnes de son équipe plutôt que d’autres, quelque soit la quantité ou qualité de travail fournie.

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